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La revue du lundi par We Are Social #13
Mark Zuckerberg “Nous avons commis un tas d’erreurs”
Alors que Facebook sort de plusieurs semaines houleuses pendant lesquelles la plateforme a notamment été accusée d’envoyer sans l’accord des utilisateurs de nombreuses donnés privées aux annonceurs, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, dans un courriel privé adressé au blogueur Robert Scoble (et dont il a autorisé la publication), a admis que Facebook avait fait de nombreuses erreurs et qu’il espère pouvoir “faire les choses bien cette fois”. Facebook devrait ainsi être mis à jour cette semaine. Plusieurs questions restent cependant en suspens… Dans quelle mesure les préoccupations des utilisateurs vont-elles être prises en compte ? Cet email reste au final plutôt vague et la plateforme pourrait voir de nouvelles récriminations de la part des utilisateurs et des instances législatives si une partie seulement des demandes autour des données privées que Sandrine évoquait la semaine dernière sont prises en compte. Ces protestations pourraient être d’autant plus virulentes que Mark Zuckerberg est très clair dans son email à Robert Scoble : Facebook a écouté, mais les modifications seront faites sans consultation des internautes… On n’en apprend pas beaucoup plus dans l’édito de Mark Zuckerberg dans le Washington Post d’aujourd’hui. A voir donc…
Les blogueurs non-professionnels peuvent-ils rester anonymes ?
Un député français lance un pavé dans la mare en proposant de modifier l’article 6 de la LCEN (loi pour la confiance dans l’économie numérique) qui autorise des blogueurs non-professionnels à ne pas divulguer leur identité du moment que leur hébergeur possède un moyen de contact en cas de dispute juridique. Le député argue du fait que la différentiation entre blogueurs professionnels et non professionnels est très subtile et que toute plainte en diffamation est quasi impossible. Ceci fait ‘bizarrement’ suite à une suite d’affaires politico-médiatiques qui ont secoué le petit monde des blogs et journaux français ces derniers mois, notamment avec un certain chanteur et une certaine ex-mannequin… Mais pendant ce temps-là, de l’autre côté de la Manche, le Orwell Prize un prestigieux prix littéraire britannique qui récompense les écrits politiques vient d’être attribué pour la seconde fois consécutive à un blogueur anonyme, cette année un travailleur social du nom de Winston Smith qui raconte son travail avec des adolescents en perdition…
La Télé sociale est arrivée (enfin presque)
Frédéric et moi-même l’avions déjà évoqué à plusieurs reprises ici, il n’y a pas de raison d’opposer web et télévision et le géant Google vient de renforcer notre vision en annonçant la Google TV la semaine dernière. Mais la Google TV késaco ? C’est tout simplement une nouvelle façon de regarder vos programmes télé préférés puisqu’il sera désormais possible de faire apparaître une barre de navigation internet pendant les programmes (en utilisant la fonction vocale de votre téléphone Android ou grâce à une télécommande universelle) afin d’obtenir des informations supplémentaires, passer sur les sites de streaming officiels pour regarder des épisodes que vous avez manqués ou voir des bonus supplémentaires.
Lost tire sa révérence… sur les réseaux sociaux
L’annonce de Google TV intervient alors qu’une des premières séries à forte audience à avoir su se déployer avec succès sur le web, la série Lost de la chaine ABC s’est terminée hier soir aux Etats-Unis. Pour l’occasion la chaine a donc décidé de déployer les grands moyens et d’en faire un évènement mondial digital en se déployant sur le web avec un chat géant Lost afin de réunir les fans désespérés, un rendez-vous Facebook (qui a réuni tout de même plus de 90 000 fans). Certains ont même créé une page Foursquare Lost Finale, je vous laisse deviner la localisation… Le revers de la médaille est que tout fan, comme moi, qui souhaite rester éloigné des spoilers, n’a qu’une seule véritable solution, fermer son navigateur internet, son Twitter, son Facebook sous peine de voir l’expérience complètement ruinée…
Vous avez déjà entendu parler de Bustin Jieber ?
Non, vous n’avez pas besoin de changer vos lunettes, il s’agit en fait d’une petite histoire qui permet de mieux comprendre le nouveau système des Trending Topics sur Twitter. La plateforme de microblogging a en effet modifié son algorithme afin de refléter non pas ce qui est discuté depuis un moment (par exemple depuis le début de la journée) mais bien pour refléter ce qui est en train d’émerger et le jeune chanteur américain Justin Bieber en aurait fait les frais (son nom ayant été remplacé par un surnom que lui aurait donné le groupe rival des Jonas Brothers).
Ashton Kutcher versus Britney Spears… et le vainqueur est ?
Prenez deux stars de la pop culture américaine, ouvrez leur un compte Twitter et regardez le résultat… Le jusqu’à présent incontesté roi de Twitter Ashton Kutcher et ses twitpics de Demi Moore en petit culotte n’ont pas suffi pour résister à la déferlante Britney Spears qui vient de le dépasser en nombre de followers. Au-delà de l’anecdote, il s’agit bien ici de deux approches très différentes de Twitter qui sont en jeux puisque le compte de la chanteuse est géré par son équipe et est utilisé pour pousser les dernières actus vers les fans alors que celui d’Ashton est plus personnel. Alors il est temps de choisir votre camp. Entre Ashton et Britney, la bataille est lancée !
Médias sociaux, vie privée, vie publique
Alors que Facebook célèbre aujourd’hui ses 6 ans, son fondateur Mark Zuckerberg vient d’annoncer que le site est sur le point d’atteindre la barre des 400 millions d’utilisateurs (tout juste 5 mois après avoir dépassé les 300 millions de membres). De son côté, Twitter paraît finalement encore en reste avec ses 13 millions d’utilisateurs (actifs) recensés en décembre 2009. Et pourtant, malgré leurs différences, ces deux grands noms du social media semblent avoir, entre autres points communs, le fait d’impacter sur le comportement des individus. Ainsi, selon Martin Giles, correspondant technologie de The Economist :
Les réseaux sociaux en ligne changent la façon dont les gens communiquent, travaillent et jouent, et le plus souvent pour le meilleur
D’après le dossier spécial “A world of connections” de The Economist, on est bien loin des années 90 où les communautés en ligne étaient l’appanage de geeks à lunettes qui se cachaient derrière des pseudos et des écrans. Les réseaux sociaux sont devenus de vastes espaces publics où des millions d’individus se sentent maintenant à l’aise d’utiliser leur véritable identité en ligne et de partager une portion de leur vie avec leur communauté. Et le rapport de citer que ce sont plus de 55 millions de mises à jour de statuts qui sont publiés par jour sur Facebook.
Le fait de parler ouvertement de sa vie publique sur le net suscite forcément des questions, des interrogations, et notamment de la part des parents. Comme le soulignait récemment Jean-March Manach, journaliste du Monde dans un excellent article intitulé “Vie privée : le point de vue des *petits cons*” :
Nombreux sont ceux qui pensent que les jeunes internautes ont perdu toute notion de vie privée. Impudiques, voire exhibitionnistes, ils ne feraient plus la différence entre vie publique et vie privée.
Et pourtant, comme l’explique cet article du Monde en citant Josh Freed, un éditorialiste canadien, il s’agit tout simplement d’une fracture générationnelle :
La [nouvelle génération] a passé toute sa vie sur scène, depuis que leurs embryons ont été filmés par une échographie alors qu’ils n’avaient que huit semaines… de gestation. Ils adorent partager leurs expériences avec la planète entière sur MySpace, Facebook ou Twitter et pour eux, Big Brother est un reality show
Et l’article de continuer avec une citation d’Elizabeth Denham, commissaire adjointe à la protection de la vie privée du Canada qui souligne que :
Les jeunes se retrouvent aujourd’hui à se demander si les choses se passent réellement quand personne ne les regarde
Alors, au final, est-ce les réseaux sociaux qui changent la façon dont nous nous comportons ? Ou bien facilitent-ils tout simplement un nouveau comportement, plus transparent, lié à ces nouvelles générations qui ont toujours vécu avec le net et pour qui, selon le rapport Pew, Internet c’est tout simplement la vie ?
Ce qui est certain c’est que les parents ne sont pas les seuls inquiets face à la façon dont nous exposons nos vies sur le net. Le dossier spécial de The Economist évoqué plus haut souligne ainsi que du coté des entreprises, le doute persiste quant à l’utilité des médias sociaux sur le lieu de travail et cite une étude selon laquelle seulement 10% des entreprises laissent leurs employés accéder aux réseaux sociaux depuis le travail, par peur d’une baisse de productivité mais aussi par peur qu’ils ne partagent des informations confidentielles via les réseaux sociaux. David Armano, dans ses prédictions pour l’an 2010 avait d’ailleurs évoqué le sujet de l’interdiction des réseaux sociaux par les entreprises en imaginant qu’un nombre croissant d’individus remplaceraient leur pause cigarette par une “pause social media” pour accéder aux réseaux sociaux via leur téléphone portable…
Je pense qu’il va s’agir de faire évoluer les mentalités en entreprise et de faire confiance à ses employés. 3 arguments se présentent :
1) Les médias sociaux ne sont pas des outils et des comportements qui existent de manière séparée de l’entreprise puisqu’ils sont déjà là. Quel service de ressources humaines ou de comm interne n’a pas déjà utilisé un outil qui favorise le réseau interne de l’entreprise, pour soumettre une suggestion, ou permis à leurs employés de se contacter sur des plateformes type forum ?
2) Si une entreprise fait confiance à ses employés pour qu’ils négocient des contrats ou communiquent avec des partenaires extérieurs, pourquoi diaboliser Facebook et autre Twitter ? Une information confidentielle si elle doit être donnée à la concurrence peut l’être par téléphone ou simple email. Pensons à retourner la situation et à faire de ces plateformes des outils de cohésion et de motivation pour l’entreprise ainsi que pour les jeunes recrues. Ainsi selon la 7ème édition du sondage Junior Achievement Deloitte, la moitié des adolescents (58%) admettent qu’ils prendront en compte la liberté laissée par leur employeur d’accéder aux médias sociaux sur leur lieu de travail avant d’accepter une offre d’emploi.
3) Si les consommateurs se trouvent sur les réseaux sociaux à toute heure de la journée, comment une entreprise espère-t-elle continuer à les comprendre si ses employés sont proscrits d’utiliser les média sociaux? La question pourrait sembler idiote mais c’est du simple bon sens. Il semble difficile de faire évoluer des produits si tout l’entreprise est coupée de la “vie réelle”.
Alors prêts pour les médias sociaux dans l’entreprise ?
Facebook à l'assaut des conversations en temps réel

Le site de socialisation Facebook lancera le 11 mars prochain une nouvelle version de son interface qui laisse présager d’intéressantes perspectives pour les utilisateurs mais également pour les marques.
Tout d’abord, les pages Facebook s’apparenteront désormais aux profils des utilisateurs. Cela permettra ainsi aux propriétaires de ces profils (par exemple un groupe de musique, une personnalité, une marques, un média) de tenir ses lecteurs au courant de leurs actualités en temps réel via les flux RSS. Toutes ces informations apparaîtront directement sur la page d’accueil de son profil et viendront se mêler aux contenus générés par ses amis. De manière réciproque, les utilisateurs seront autorisés à rendre leurs actualités publiques, c’est à dire potentiellement référencées par les moteurs de recherche. Toutes ces conversations publiques seront prochainement centralisées sur une page qui permettra à chacun (en particulier aux professionels de la communication et aux marques) d’avoir un aperçu global de ce que les gens disent et partagent sur la plateforme.
Ces nouvelles fonctionnalités ne sont pas révolutionnaires, elles s’inspirent amplement de celles de la plateforme de micro-blogging Twitter qui connait un succès retentissant depuis quelques mois. D’ailleurs le jeune fondateur de Facebook Mark Zuckerberg n’a jamais caché son admiration pour Twitter et a même tenté de racheter le service l’an dernier pour 500 millions d’euros. La concurrence s’annonce âpre entre ces 2 acteurs majeurs des médias sociaux même si Twitter ne devrait pas être trop affecté par les développements opportunistes de Facebook. En effet, sans bénéficier de sa notoriété, il s’appuie sur un noyau d’utilisateurs fidèles qui ont souvent abandonné Facebook, devenu trop grand public pour eux.
En s’engouffrant dans l’univers des conversations en temps réel, Facebook poursuit sa mutation : il souhaite implicitement encourager les utilisateurs à utiliser sa plateforme comme une source d’information en temps réel, un lieu de conversation et d’interaction. Cette stratégie s’est traduite par la mise en place ces derniers mois des commentaires sur les statuts et de l’outil de recommandation (la fonction “j’aime”). Elle reflète parfaitement la manière dont les réseaux sociaux évoluent en outils de communication asynchrones, instantanés et capables d’atteindre une audience globale. Facebook semble sonner le glas des réseaux sociaux repliés sur eux-même et ambitionne de devenir l’agrégateur ultime de contenus sur internet, allant même jusqu’à concurrencer les médias eux-mêmes.
Il s’agit également d’une belle opportunité pour les marques de communiquer avec leurs fans. L’utilisateur pourra suivre l’actualité de sa marque en temps réel et pourra interagir avec elle en laissant des commentaires ou en recommandant ses contenus à son cercle d’amis. Plus réactif qu’une newsletter, le profil public est l’outil idéal pour toucher une large audience et créer des conversations entre les fans.
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